Lola ressuscite la T70 en deux versions, piste et route
31/03/2026 Automobile
Lola relance la mythique T70 avec les nouvelles T70S et T70S GT, produites à 16 exemplaires. Fidèles à l’esprit originel, elles mêlent V8 atmosphérique, construction allégée et matériaux composites plus vertueux, sans transformer l’icône des années 1960 en simple objet marketing.
Lola remet au goût du jour l'un de ses noms les plus marquants avec les nouvelles T70S et T70S GT, deux interprétations contemporaines de la T70 originelle lancée en 1965. L'idée n'est pas de réinventer la voiture, mais de la reconstruire avec des standards de fabrication actuels, tout en conservant ce qui faisait son identité : un gabarit compact, un V8 atmosphérique américain, une architecture simple et une expérience de conduite très mécanique.
Le projet s'appuie sur des dessins d'archives et sur des relevés numériques d'exemplaires d'époque afin de respecter au plus près les proportions, les volumes et l'architecture de la voiture originale. Lola insiste sur le fait que chaque pièce a été revue avec des tolérances modernes, sans modifier la philosophie de base. Le constructeur britannique présente donc moins une restomod qu'une recréation très encadrée, avec une volonté claire de rester proche de l'auto historique.
Ce retour n'a rien d'anodin, car la T70 reste un nom fort du sport automobile des années 1960. Dessinée par Eric Broadley, elle a notamment brillé en Can-Am et s'est aussi offert un succès majeur en endurance avec sa victoire aux 24 Heures de Daytona 1969, signée par Mark Donohue et Chuck Parsons pour Team Penske. Cette victoire de la Lola T70 à Daytona est bien documentée dans les archives de l'épreuve et de l'histoire du modèle.
Deux versions sont annoncées, avec une production totale limitée à 16 unités. La première, la T70S, vise un usage compétition historique. La seconde, la T70S GT, est homologuée route au Royaume-Uni tout en conservant une approche très radicale. Dans les deux cas, on reste sur une machine à l'ancienne dans l'esprit : moteur atmosphérique, boîte manuelle, suspension à double triangulation et recherche du poids contenu plutôt que de la surenchère électronique. Les chiffres et le positionnement des deux variantes ont été détaillés par Lola et confirmés dans les premières présentations presse.
La T70S est la plus fidèle à la voiture de course. Elle reçoit un V8 Chevrolet small block 5,0 litres de 530 ch, associé à une structure monocoque en aluminium et à une transmission de type transaxle dans l'esprit de la voiture d'époque. Lola annonce un 0 à 60 mph (96 km/h) en 2,5 s, une vitesse maximale de 203 mph (327 km/h) et un rapport poids/puissance de 616 ch par tonne. Elle sera livrée avec un passeport technique historique FIA, ce qui en dit long sur l'orientation du modèle : ce n'est pas un jouet vaguement inspiré du passé, mais une auto pensée pour évoluer dans l'univers des meetings historiques.
La T70S GT prend une direction légèrement différente. Toujours très proche visuellement et techniquement de la version piste, elle reçoit un V8 Chevrolet 6,2 litres de 500 ch et quelques adaptations pour la route. Lola évoque notamment une ergonomie un peu revue, une climatisation, quelques espaces de rangement et un réglage d'amortissement adapté à un usage mixte. Sur le papier, elle reste très sérieuse avec un 0 à 60 mph (96,56 km/h) en 2,9 s et 200 mph (322 km/h) en vitesse de pointe. Dit autrement, on est plus proche d'une voiture de course tolérée sur route que d'une GT moderne civilisée.
L'élément le plus singulier du projet n'est toutefois pas la fiche technique, mais la manière dont Lola veut fabriquer ces autos. Le constructeur met en avant un nouveau système de carrosserie baptisé LNCS (Lola Natural Composite System), présenté comme une solution sans pétrochimie. La recette associe des fibres végétales et du basalte à une résine issue de déchets de transformation de la canne à sucre. Lola affirme que cet ensemble offre de meilleures caractéristiques que des composites plus classiques sur plusieurs critères, notamment la rigidité, la résistance en traction et la tolérance aux chocs.
Il faut évidemment garder une certaine distance avec le discours industriel tant que ce matériau n'a pas fait ses preuves à grande échelle hors du cadre de ce programme, mais le point intéressant est ailleurs : Lola ne se contente pas de coller un vernis "vert" sur une ancienne. Le constructeur dit avoir repensé une partie de la chaîne de fabrication, y compris sur certains composants métalliques. Il cite par exemple l'usage de magnésium extrait de l'eau de mer via électrolyse alimentée par énergie solaire, ainsi que des procédés de moulage et de fonderie moins émetteurs. Selon une analyse de cycle de vie indépendante évoquée par la marque, le programme T70S permettrait une baisse d'environ 54 % des émissions de CO₂ par rapport à des références de fabrication plus conventionnelles, avec certains composants allant jusqu'à 80 %. Ces chiffres viennent du constructeur et doivent être lus comme tels, mais ils donnent une idée de la direction prise.
C'est d'ailleurs probablement là que se situe l'intérêt réel de cette T70S. Si l'on retire l'habillage "communication"/marketing, Lola ne propose pas seulement une réédition nostalgique pour collectionneurs fortunés. La marque s'en sert aussi comme démonstrateur industriel, pour montrer qu'un véhicule à faible volume, très émotionnel et très analogique peut aussi servir de laboratoire sur les matériaux et certains procédés de fabrication. Sur ce point, l'exercice est plus crédible que nombre de séries "continuation" qui se contentent surtout d'exister pour flatter un passé glorieux.
Le plus important est que Lola semble avoir évité l'écueil de la modernisation excessive. Pas question ici de transformer la T70 en supercar néo-rétro truffée d'écrans, d'aides intrusives ou de concessions qui finiraient par diluer ce qu'était l'originale. Le constructeur promet au contraire une auto directe, physique, bruyante, légère et exigeante. En clair, quelque chose qui ressemble encore à une vraie T70, avec juste ce qu'il faut de rigueur supplémentaire pour ne pas tomber dans la reconstitution folklorique.
Sur le fond, cette T70S et sa déclinaison GT ne feront pas bouger l'industrie automobile à elles seules. Seize exemplaires, aussi travaillés soient-ils, restent seize exemplaires. Mais dans un paysage où le mot "patrimoine" sert souvent à vendre de la nostalgie emballée sous vide, Lola a au moins le mérite d'avoir tenté un exercice plus cohérent : respecter la voiture d'origine, ne pas la trahir sur le plan mécanique, et utiliser ce projet pour expérimenter des solutions de fabrication qui pourraient, elles, avoir une portée plus large.
Si l'on enlève le vernis promotionnel, il reste donc une proposition assez claire : une T70 recréée avec sérieux, disponible en version piste ou route, toujours propulsée par un gros V8 atmosphérique, et utilisée comme terrain d'essai pour des matériaux moins conventionnels. C'est rare, c'est élitiste, mais au moins le projet ne donne pas l'impression d'avoir été pensé uniquement pour une brochure brillante et trois photos studio.
A pioneer reborn. 💛
— Lola Cars (@WeAreLolaCars) March 31, 2026
Introducing the Lola T70S. pic.twitter.com/6fhFr1CIKw
Vidéo
Lola T70S : fiche technique complète
Moteur et performances
| Configuration | V8 Small Block Chevrolet atmosphérique |
|---|---|
| Cylindrée | 5,0 litres (305 ci, soit environ 4997 cm³) |
| Puissance | 530 bhp (environ 537 ch / cv) à 7300 tr/min |
| Couple à 5500 tr/min | 425 lb-ft (environ 576 Nm) |
| 0 à 100 km/h | 2,5 s |
| 0 à 200 km/h | 8,9 s |
| Vitesse maximale | 203 mph (environ 327 km/h) |
Transmission, châssis et liaisons au sol
| Boîte de vitesses | Hewland LG600 transaxle, 5 rapports |
|---|---|
| Châssis | Monocoque en aluminium |
| Suspension avant | Double triangulation |
| Suspension arrière | Double triangulation |
| Amortisseurs avant | Combinés réglables en hauteur |
| Amortisseurs arrière | Combinés réglables en hauteur |
| Freins avant | Étriers 4 pistons, disques de 304 x 28 mm |
| Freins arrière | Étriers 4 pistons, disques de 304 x 28 mm |
Poids et dimensions
| Poids à sec | 860 kg |
|---|---|
| Rapport poids/puissance | 616 bhp/tonne (environ 624 ch / cv par tonne) |
| Longueur | 4225 mm |
| Empattement | 2432 mm |
| Voie avant | 1371 mm |
| Voie arrière | 1371 mm |
Roues et pneumatiques
| Jantes avant | 15 / 10.5 / 54 en alliage de magnésium |
|---|---|
| Jantes arrière | 15 / 15.75 / 54 en alliage de magnésium |
| Pneus avant | 10.5 / 23.0-15 (sec / pluie) |
| Pneus arrière | 15.0 / 26.0-15 (sec / pluie) |
* Toutes les performances annoncées correspondent à des estimations calculées.
Lola T70S GT : fiche technique complète
Moteur et performances
| Configuration | V8 Small Block Chevrolet atmosphérique |
|---|---|
| Cylindrée | 6,2 litres (376 ci, soit environ 6162 cm³) |
| Puissance | 500 bhp (environ 507 ch / cv) à 6600 tr/min |
| Couple à 5500 tr/min | 455 lb-ft (environ 617 Nm) |
| 0 à 100 km/h | 2,9 s |
| 0 à 200 km/h | 9,3 s |
| Vitesse maximale | 200 mph (environ 322 km/h) |
Transmission, châssis et liaisons au sol
| Boîte de vitesses | Hewland spécification Lola, 6 rapports |
|---|---|
| Châssis | Monocoque en aluminium |
| Suspension avant | Double triangulation |
| Suspension arrière | Double triangulation |
| Amortisseurs avant | Combinés réglables en hauteur |
| Amortisseurs arrière | Combinés réglables en hauteur |
| Freins avant | Étriers 4 pistons, disques de 304 x 28 mm |
| Freins arrière | Étriers 4 pistons, disques de 304 x 28 mm |
Poids et dimensions
| Poids à sec | 890 kg |
|---|---|
| Rapport poids/puissance | 560 bhp/tonne (environ 568 ch / cv par tonne) |
| Longueur | 4225 mm |
| Empattement | 2432 mm |
| Voie avant | 1371 mm |
| Voie arrière | 1371 mm |
Roues et pneumatiques
| Jantes avant | 18 x 8,5J |
|---|---|
| Jantes arrière | 18 x 13J |
| Pneus avant | 235/35 R18 |
| Pneus arrière | 335/35 R18 |
* Toutes les performances annoncées correspondent à des estimations calculées.
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