Antonelli savoure Suzuka, Wolff calme déjà le jeu

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Andrea Kimi ANTONELLI | Mercedes

Andrea Kimi Antonelli a remporté le Grand Prix du Japon 2026 au terme d'une course solide, aidée par le bon timing de la voiture de sécurité mais surtout conclue avec un très gros rythme sur le deuxième relais. À chaud, l'Italien a reconnu un départ raté, tout en insistant sur la performance de sa Mercedes une fois la course relancée. De son côté, Toto Wolff a salué la réaction de son pilote tout en rappelant qu'il fallait encore le préserver de toute projection prématurée sur le championnat.

À la radio, juste après l'arrivée, Antonelli a immédiatement résumé le mélange d'euphorie et de lucidité qui accompagnait ce succès : "Allez, mec, wouhou ! J'ai eu de la chance avec la voiture de sécurité, mais wouhou, le rythme était incroyable aujourd'hui."

Au micro de la Formule 1, le ton était ensuite un peu plus posé, mais le constat restait le même : la victoire a certes été aidée par les circonstances, mais elle s'est aussi construite sur une vraie vitesse de course.

"C'est plutôt agréable ! Il est encore trop tôt pour penser au championnat, mais nous sommes sur la bonne voie. Un départ catastrophique, je vais devoir voir ce qui s'est passé, mais la voiture de sécurité m'a aidé. Un bon deuxième relais, je me sentais bien dans la voiture."

Le pilote Mercedes n'a d'ailleurs pas cherché à enjoliver son envol raté, clairement identifié comme le principal point noir de son dimanche. Une faiblesse qu'il assume pleinement, et sur laquelle il sait déjà devoir progresser.

"J'ai quelques semaines devant moi, je vais donc pouvoir m'entraîner aux relâchements d'embrayage, car ça a été mon point faible cette année."

Le reste, en revanche, a davantage ressemblé à une démonstration de contrôle. Une fois replacé devant grâce à la neutralisation, Antonelli a rapidement pris le large, avec une monoplace très efficace sur le composé dur.

"On a eu de la chance avec la voiture de sécurité, mais sur les pneus durs, le rythme était incroyable. Ça m'a vraiment facilité la vie !"

Chez Mercedes, Toto Wolff n'a pas masqué le raté initial, qu'il a même commenté avec sa franchise habituelle. L'Autrichien a d'abord pointé le problème avec humour, tout en rappelant que l'équipe n'offre pas toujours à ses pilotes les outils les plus simples à exploiter.

"Départ raté, il va falloir apprendre à [Antonelli] à relâcher un embrayage ! Je me suis dit : "pas encore", car on ne leur donne pas les outils les plus faciles à utiliser, mais dans ce cas précis, le pilote a eu une énorme influence sur les choses."

Wolff a ensuite insisté sur ce qui, selon lui, a réellement permis de construire la victoire : la vitesse pure affichée par Antonelli pendant la course, suffisamment solide pour prolonger le relais et se placer dans la bonne fenêtre au moment de la voiture de sécurité.

"En course, il est remonté, il était vraiment rapide, ce qui explique pourquoi on a pu prolonger son relais d'un tour — et c'est ce qui a fait sa réussite."

Enfin, alors que la victoire au Japon propulse désormais Antonelli en tête du championnat, Wolff a immédiatement cherché à refroidir les projections trop rapides autour de son jeune pilote.

"Nous devons le protéger des gens qui parlent de championnats du monde."

Le message est clair : Mercedes savoure, Antonelli progresse à très grande vitesse, mais le discours officiel reste celui de la maîtrise. À Suzuka, l'Italien a surtout montré qu'au-delà des circonstances favorables, il avait désormais la vitesse et le calme pour convertir une opportunité en victoire nette.
 Japon 2026